Voyage à vélo autour de la Mer Noire - Blog

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Turin, l’aristocrate - Le 22/06/2013 à 23:41

Le col du Montgenèvre est un bon morceau à avaler. Avec ses 1860 mètres à la belle saison, il impose le respect. Nous le dégustons à la fraiche afin de réduire la chaleur et la fumée des camions. Photos au sommet et café à 1 euro. Cliché d’un bouquet sauvage, à demi italien, à demi français. La nature se moque de nos découpages arbitraires.
On pense en avoir fini. Erreur : la descente vertigineuse nous tire à pleine vitesse dans les lacets et les tunnels. Avec l’affluence, ce serait l’enfer pour les libellules que nous sommes. Croisé un jeune en tenue de ski. Il grimpait à l’aide de bâtons sur une planche à roulettes ! Attendue puis redoutée, la descente vers le Piémont est un paysage d’arrêtes blanches et de vallées vertes et grises.
Pause à Sussa, petite ville de montagne et de pâtisseries italiennes. Le café n’a déjà plus le même gout. Sur la carte, la SS24 et la SS25 (prononcer strada statale) est une ligne sévère. Dans la réalité, c’est un bonheur pour les cyclistes. Peu de circulation, des véhicules attentifs et une vie rurale paisible de chaque côté. Tout ce qu’il faudrait pour un camping sauvage improvisé. Arrêts ici et là ; pour l’eau, pour se soulager, pour grignoter, pour détendre fessier et muscles. « Bravo, j’aimerais être à votre place », dit la serveuse de bar en parfait français. Elle rince soigneusement nos bidons avant d’y mettre de la fraicheur.
Dix kilomètres avant Turin, l’odeur de la campagne (celle des déjections animales en fait) est encore très prégnante. Et la ribambelle des vendeurs de fruits (hum !) ne cesse qu’à la tangantiale (le périf’). Très attentif, Léo voit mieux que moi les panneaux et nous débarquons en ville sans problème. Pour les azuréens habitués à la densité urbaine (cet empilement de constructions dénommé « connurbain »), Turin est un modèle. Une capitale qui a réussi à maintenir chaque chose à sa place. Le centre historique mériterait des jours de visite, et seule la banlieue industrielle en friche rappelle que les crises économiques ne sont pas digérées. « Pour nous Italiens, c’est une grande ville », détaille un quadragénaire enveloppé en dégustant un verre de blanc.
Le lendemain, nous parcourons Turin dans un sens puis dans l’autre afin d’acquérir un nouveau matelas. Soit 20 km en zone urbaine sans se faire klaxonner une seule fois. Puis nous cherchons à nous évader vers Milan. Mais pendant longtemps, Turin nous retiendra dans ses filets.

Pizzigettone, 15 juin.

Commentaires

Yolande & Michel - Le 25/06/2013 à 21:18

Salut Michel,

Marie-Claire nous a parlé de ton périple, c'est donc avec grand intérêt que nous suivrons votre aventure.
Bonne route et bon courage !
Yolande & Michel de Villeneuve-Loubet

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